lundi 12 mars 2012

Un sans papier raconte sa détention sur Twitter

Un étudiant gabonais menacé d'expulsion a raconté sa vie au mitard sur Twitter. Du jamais vu. Il a finalement retrouvé la liberté vendredi dernier.

De Paris à Reims, le sort de cet étudiant gabonais a vacillé. Arrêté lors d'un voyage entre la capitale et la cité des sacres il y a quatre jours, les gendarmes détectent un défaut d'identité. En clair, Gil Juwu se trouve en situation irrégulière. Direction la brigade de Chelles avec le placement en garde à vue qui va avec. Jusque-là, rien d'extraordinaire, ni de très surprenant. Sauf que, ce jeune homme de 23 ans est addict au réseau social Twitter. Et c'est bien cela qui va rendre son histoire attrayante.

36 heures chroniquées

En effet, cet étudiant va raconter sa détention, heure après heure ou presque en envoyant de très nombreux tweets (des messages de 140 signes maxi via son téléphone portable). Sorti de sa garde à vue, l'étudiant de Reims est transféré au centre de détention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne.
« Centre quasi neuf. Confort spartiate mais appréciable. 3 repas/jour.2 par chambre », peut-on lire parmi les dizaines de tweets envoyés. Gil Juwu est toutefois « bridé » en terme de communication avec l'extérieur. Mais il n'oublie pas de souligner « l'exemplarité des policiers. À l'écoute, souriants, très souvent amicaux et loin des clichés de la TV ».
Après deux jours passés en centre de rétention, Gil est transféré vers le tribunal de Melun où le juge des libertés et de la détention doit statuer sur son sort.
À 15 heures, avant-hier, l'étudiant en situation irrégulière est fixé, le juge ne suit pas la demande de la préfecture de Seine-et-Marne qui voulait lui notifier une obligation à quitter le territoire français.

Milliers de fans

À 15 h 15, Gil envoie un nouveau tweet pour annoncer sa libération. Un soulagement pour ce jeune homme, qui a pu compter sur la mobilisation du consulat du Gabon.
À peine sorti d'affaire, Gil a retrouvé le plein usage de son portable et a continué à « tweeter ». En deux jours, il est passé de quelques dizaines d'abonnés à son compte à plusieurs milliers de fans. Les messages de soutien sont arrivés par centaines. Gil reconnaît d'ailleurs que son sort est peut-être dû à l'emballement autour de sa personne en déclarant « ce qui me fait croire que l'impact médiatique de mon histoire a peut-être joué. À chaud, je ne sais pas quoi dire ». Sa situation n'est toutefois pas régularisée. Gil est libre certes mais il n'a toujours pas de carte de séjour.


http://www.lunion.presse.fr/article/marne/un-sans-papier-raconte-sa-detention-sur-twitter

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