jeudi 11 novembre 2021

En ce jeudi 11 novembre, nous rendons hommage à ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté

 

Alain Crémont





[COMMÉMORATION]
En ce jeudi 11 novembre, nous rendons hommage à ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté.
Je remercie très chaleureusement tous ceux qui se sont associés à cette commémoration et, plus largement, à cette journée de mémoire :
✔les services municipaux, bien sûr, pour leur travail toujours exemplaire et, plus globalement, pour leur implication dans tous les événements organisés ou soutenus par la Ville;
les enfants et les enseignants des écoles soissonnaises et du centre éducatif de la Cordée,
les membres, nouvellement élus du Conseil Communal des Jeunes ;
les jeunes sapeurs-pompiers et les membres de la protection civile
les rameurs de la Société nautique et les coureurs du CRACS ;
les membres de l’association « Éperon 132 » ;
l’Harmonie municipale ;
la chorale des enfants ;
et, enfin, naturellement, nos fidèles anciens combattants, porte-drapeaux et dames d’entraide.
C’était un lundi. Le lundi 11 novembre 1918, à 11 heures.
A cet instant, dans les églises de France, les cloches sonnaient à pleine volée.
A cet instant, dans les tranchées, les clairons s'empressaient de sonner le cessez-le-feu, tandis que la Marseillaise retentissait du fond des poumons des Poilus.
Ces derniers, épuisés par quatre années d'une guerre sans nom, assistaient à l'acte final d'un cataclysme de portée mondiale, gravé dans l’histoire de l’humanité.
Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal (Toute la population de la Région Picardie ou de la ville de Paris rayées de la carte) et plus de quatre millions subirent de graves blessures.
Ils avaient 17, 20 ou 25 ans pour la plupart.
Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, cadres, artisans, ouvriers ou paysans … Et devinrent soudainement artilleurs, fantassins ou brancardiers.
Plus d’un siècle plus tard, à travers tout le pays et particulièrement dans nos territoires du Nord de la France, qui ont payé un lourd tribut durant ces quatre années de conflits, la Grande Guerre continue de marquer les esprits.
Si la mémoire vivante avec la mort de Lazare Ponticelli s’est éteinte en même temps que le dernier combattant de cette guerre il y a maintenant 13 ans, il nous reste aujourd’hui la mémoire historique.
Une mémoire que nous devons entretenir et transmettre.
Elle est symbolisée, bien-sûr, par l'hommage au soldat inconnu, dont la flamme est constamment ravivée, à Paris, sous l'Arc de Triomphe, personnifiant nos soldats disparus, prêts au sacrifice pour la Nation.
Elle l’est également à Soissons, comme dans toutes les villes et villages de France, par notre monument aux morts qui affiche la terrible contribution apportée par la jeunesse de notre pays à cet incroyable fléau.
Mais aussi et surtout, nous continuons à nous réunir à l'occasion des cérémonies commémoratives, avec la présence fidèle des associations patriotiques et portes drapeaux que je tiens à remercier solennellement et chaleureusement.
Nous réaffirmons avec force les valeurs de tolérance et de respect mutuel entre les nations et les peuples. Nous vivons des moments privilégiés où s’incarne un message de paix, de fraternité et de transmission.
Que les combats de nos anciens nous servent de leçon.
Encore aujourd’hui, Ils doivent nous permettre d’être vigilants et de nous montrer intraitables face aux dérives de l’être humain que sont le racisme, la xénophobie, le repli communautaire ou le fanatisme.
Les témoins directs ou indirects que nous sommes connaissons les conséquences tragiques de ces comportements.
Grâce à cette transmission, à cette mémoire historique et à nos glorieux aînés, nous ne pourrons jamais dire : “Nous ne savions pas”.
Alors, rendons hommage à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui sont morts pour notre patrie, pour défendre la paix quelque part en France ou dans le monde, lors de conflits armés.
A cet instant, je ne peux m’empêcher de vous lire un court extrait d’une lettre d’un poilu, Eugène POÉZÉVARA, écrite à ses parents Le 13 novembre 1918:
Je cite,
“ Chers parents (…) Le 9, à 10 heures du matin on faisait une attaque terrible dans la plaine de Woëvre. Nous y laissons trois quarts de la compagnie, il nous est impossible de nous replier sur nos lignes ; nous restons dans l’eau trente six heures sans pouvoir lever la tête ; dans la nuit du 10 , nous reculons à 1 km de Dieppe ; nous passons la dernière nuit de guerre le matin au petit jour puisque le reste de nous autres est évacué ; on ne peut plus se tenir sur nos jambes ;
j’ai le pied gauche noir comme du charbon et tout le corps violet ; il est grand temps qu’il vienne une décision, où tout le monde reste dans les marais, les brancardiers ne pouvant plus marcher car l’allemand tire toujours ; la plaine est plate comme un billard.
À 9 heures du matin, le 11 , on vient nous avertir que tout est signé et que cela finit à 11 heures, deux heures qui parurent durer des jours entiers.
Enfin, 11 heures arrivent ; d’un seul coup, tout s’arrête, c’est incroyable. Nous attendons 2 heures ; tout est bien fini ; alors la triste corvée commence, d’aller chercher les camarades qui y sont restés. Eugène”
Eugène avait 22 ans. Il mourra d’épuisement quelques années plus tard.
Eugène, comme l’ont été des milliers d’autres soldats, est un héros pour la France, un héros pour la paix.
Pour eux, pour nous, pour nos enfants, n’oublions jamais ce qu’ils ont fait et ce qu’ils ont vécu.
Voilà les enseignements des cérémonies qui nous rassemblent depuis ce matin. La présence d’enfants et de jeunes est, à ce titre, tout à fait symbolique et importante. Elle est pour nous l’occasion de leur faire comprendre, de vous faire comprendre, l’horreur de la guerre et la nécessité de préserver la paix.
Merci à tous pour votre présence ce matin.

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