vendredi 9 mars 2012

Le marinier sauve une femme de la noyade

«MON mari était très ému après l'avoir sortie de l'eau. Il a bien cru qu'il allait la voir mourir sous ses yeux. » Brigitte commente l'acte de bravoure de son époux, prénommé Donat. Mardi après-midi, ce batelier a sauvé in extremis une Soissonnaise de la noyade. La pauvre femme est actuellement hors de danger.
Ce geste de solidarité est aussi un énorme coup de chance. Avant-hier, la femme, âgée de 38 ans, a arrêté son véhicule au niveau du pont de Pasly, dans la cité du Vase. D'après nos informations, la trentenaire voulait mettre fin à ses jours. Arrivée sur la berge, elle a sauté dans l'Aisne. La température de l'eau avoisinait alors les 5 °C.

Heureux hasard

Dans le voisinage, personne ne l'a vue tomber à l'eau. Le hasard a voulu que deux péniches passent précisément dans le secteur au moment de ce geste de désespoir : celle dirigée par Donat et celle conduite par sa femme Brigitte.
Le couple et un salarié revenaient du port belge d'Anvers et se dirigeaient vers Reims. Les bateaux de ces artisans étaient chargés de bobines de tôle de plusieurs tonnes. « Environ deux kilomètres avant l'écluse de Vauxrot (NDLR : à Soissons), mon mari a aperçu une silhouette qui se débattait au bord de la berge, raconte Brigitte. On pensait que c'était un chien ou un autre animal. C'est une chose qui arrive régulièrement. »
En s'approchant, l'homme se rend compte de la situation. « Il a immédiatement stoppé les machines et fait le nécessaire pour s'approcher du rivage. Comme le bateau était chargé, c'est une manœuvre difficile. » Donat parvient toutefois à se positionner à quelques mètres de la trentenaire. « Il l'a vu couler deux fois. La troisième, il a réussi à lui attraper le bout des doigts. S'il n'avait pas pu, il se serait jeté à l'eau, au risque de perdre le bateau », commente Brigitte.
La trentenaire parvient in extremis à s'agripper au poignet du batelier. Après un bon effort, ce dernier réussit à la sortir de la rivière. Il installe la pauvre dame frigorifiée dans la timonerie, la partie couverte du navire.
« J'ai pris ensuite la décision d'appeler les pompiers, indique Brigitte. Nous étions à dix minutes de l'écluse de Vauxrot. Nous les avons retrouvés là-bas. » Une ambulance des soldats du feu de Soissons les attendait sur la terre ferme, afin de prendre en charge la victime. Elle a été transportée au centre hospitalier de la cité du Vase pour des examens.
Les choses se sont passées très vite. Trop vite pour le couple de mariniers : « Nous n'avons pas eu le temps de prendre ses coordonnées. Nous ne connaissons ni son nom, ni son prénom, regrette Brigitte. Nous aimerions bien savoir comment elle va. »

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/le-marinier-sauve-une-femme-de-la-noyade

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